The Wall traverse l'Atlantique

Vanasch portraitVincent Vanasch
1m79/77 kg
160 sélections
Date de naissance 21.12.1987
Première sélection avec les Red Lions: 2008
Clubs : White Star/ Pingouin/ Louvain/ Watducks/ Oranje Zwart/ Watducks.

 

A 28 ans, Vincent Vanasch peut se targuer d’avoir l’un des plus beaux palmarès du hockey belge. Trois titres de Champion de Belgique avec le Watducks, deux trophées en Hoofdklasse et une Coupe d’Europe avec Oranje Zwart, le bilan est impressionnant pour ce gardien qui a mis du temps à éclore au plus haut niveau. Le portier des Red Lions est passé par des moments très difficiles lors de sa carrière. Des épreuves qui l’ont rendu plus fort, tout simplement.
Lorsque l’on rencontre Vincent Vanasch, son large sourire, qu’il gardera d’ailleurs pendant toute l’interview, ne trompe pas. L’homme semble avoir trouvé son équilibre. Après deux saisons au plus haut niveau aux Pays-Bas, Vinchoux revient en Belgique, dans le club qui l’a fait découvrir aux yeux du monde entier. Le gardien des Red Lions sait ce qu’il doit au Watducks, qui l’a relevé après une année de galère à Louvain. Il le lui a bien rendu en participant aux trois titres consécutifs remportés par les Canards entre 2011 et 2014. La partie était pourtant loin d’être gagnée.

Un Shériff sur tous les fronts

Vanasch et son père

Vincent Vanasch et son père, Jean Vanasch

Chez les Vanasch, tout le monde a joué au hockey, sauf la maman, qui encourageait ses troupes depuis le bord du terrain. Et lorsque l’on a un papa qui crée une école de jeunes de hockey, il est impensable de ne pas naître un stick à la main. Vincent Vanasch, fils de Jean Vanasch, fondateur de l’école de jeunes du White Star et quatrième enfant d’une famille passionnée de hockey, n’a eu d’autre choix que de passer son enfance dans le club d’Evere. Si le jeune Bruxellois s’adonne parfois aux plaisirs du football avec ses copains, c’est bien le hockey qui occupe son esprit presque jour et nuit. « J’étais tout le temps au White Star. Le mercredi après-midi, les autres enfants partaient directement après leur entrainement tandis que je restais toute la journée au bord du terrain. Je regardais l’équipe première, puis j’étais ball boy le dimanche. En vacances, au lieu de partir à l’étranger, on se donnait rendez-vous avec mes amis et on tapait la balle du matin au soir », sourit-il.

Vanasch casque tt petit

Toujours un casque sur les épaules

Alors qu’il n’a même pas encore disputé son premier match, il n’est pas rare de le voir marcher autour du terrain, un casque de gardien sur la tête. Le signe d’une vocation. Il faudra pourtant attendre ses 18 ans pour que The Wall ne choisisse définitivement entre le poste de gardien… et celui d’avant-centre. Si il enfile ses premières guêtres en minimes, «c’était apparemment assez drôle quand je plongeais. Mon père courait pour me relever, parce que je n’y arrivais pas tout seul », rigole-t-il, il excelle également devant les gardiens adverses, qu’il torture en marquant de nombreux buts. Aux côtés notamment de Grégory Gucassoff et d’une certaine Jill Boon –il existait encore des équipes mixtes à l’époque- il alterne les positions, une mi-temps au goal, l’autre en attaque, et ce jusqu’en juniors. «En équipe première, j’étais toute la rencontre dans les buts. Mais je jouais encore à l’avant en Championnat Réserves. Je marquais facilement et ça m’aide sûrement encore maintenant. Je sais comment un attaquant pense et comment il peut piéger un gardien », explique Vincent Vanasch.
S’il se fait remarquer par les goals qu’il marque et qu’il stoppe, le jeune talent du White Star n’est pourtant pas sélectionné en Provinciales, ni en U16. Il faut attendre les U18 pour que Vinchoux se fasse remarquer en Nationale. C’est la première génération dorée de la Belgique. La génération 87-88, portée par les Truyens, Dohmen, Van Strydonck etc., « les pionniers », sourit-il, se hisse sur le devant de la scène européenne. Le jeune gardien suit la même trajectoire en club, où il vit les dernières belles années du White Star dans l’élite. Après quelques rencontres à 16 ans en équipe fanion, où joue encore Marc Coudron, Vincent Vanasch gagne ses premiers galons au plus haut niveau à sa majorité et défendra les buts des Shériffs pendant deux saisons.

Vanasch white face

Avec son club de coeur, en compagnie, notamment, de Gaby Garreta.

 

Se reconstruire
Malheureusement pour le dernier rempart des U18 belges, le club d’Evere connaît ses dernières heures de gloire et doit quitter la Division d’Honneur après deux ans de lutte pour se maintenir. Malgré un profond attachement à ses couleurs, Vanasch fait le choix de rester au plus haut niveau et quitte le White Star pour rejoindre le Pingouin en 2007. « Je venais d’accrocher l’équipe nationale et je voulais vraiment me donner à 100% dans le hockey. Il fallait que je reste en Division d’Honneur », explique-t-il. « Le Pingouin jouait le bas de classement mais cela me permettait de me mettre en évidence On perdait parfois 5-0 mais j’avais fait une trentaine d’arrêts sur le match. Cela a été deux supers saisons au Pingouin, je jouais aussi avec les U21. Puis ils sont descendus en D1… ».
Egalement le début de la descente aux enfers pour le Bruxellois, qui doit à nouveau quitter les Nivellois.

En fin de saison, Louvain fait appel à lui pour remplacer son gardien, annoncé sur le départ. « Je me suis dit que c’était une bonne idée de tenter l’aventure », se rappelle l’ex-Nivellois. Une aventure qui tourne vite au cauchemar. Le portier des Universitaires reste finalement au club et lui est préféré par ses nouveaux coéquipiers. « Quand tu changes du club, tu dois recréer une certaine confiance. Le club s’attendait à ce que j’arrête toutes les balles directement et je dois dire qu’ils m’ont un peu descendu. Le noyau dur de l’équipe voulait que leur gardien soit le n°1, ils ne voulaient pas mettre leur ami de côté. Ça a été une année très difficile », raconte celui qu’on surnommera The Wall deux ans plus tard.

exergue bon

 

Mais avant cela, il faut que The Wall se reconstruise. Titulaire en U21, il ne jouera même pas six mois à Louvain et arrêtera l’équipe nationale pendant dix mois. Le jeune gardien prometteur est détruit. Remonter la pente sera une étape longue, difficile. Mais avec le soutien de sa famille et d’un coach mental, le mur qui s’était effondré deviendra au fil des années un rempart capable de repousser toutes les balles, toutes les déceptions, pour arriver au sommet de son art. Une belle revanche sur le destin.
Malgré cette saison catastrophique, le Watducks se souvient d’avoir croisé le chemin d’un gardien très talentueux, qui avait posé beaucoup de problèmes aux Canards lorsqu’ils avaient affronté le Pingouin, un an et demi auparavant. Pascal Kina trouve en sa personne le digne remplaçant de Cédric de Grève, qui rangeait définitivement ses guêtres. Le Gantois offre une chance inestimable à Vincent Vanasch et lui donne toute sa confiance. « J’ai tout remis à plat. J’ai recommencé à travailler avec Bastien Ruytinkx, que je connaissais depuis tout petit. Je lui ai demandé de m’entraîner au Watducks et après quelques entraînements, c’était reparti. Je dis toujours que si tu as 90% de confiance et 10% de technique, tu peux être le meilleur gardien du monde». Au fil des matchs, il retrouve ses sensations et livre « une saison correcte » selon lui. A la fin de l’année, le président du Watducks le remet en question. Sans hésiter, les joueurs et le coach le soutiennent et clament haut et fort qu’ils veulent que leur gardien reste avec eux. Une marque de confiance que Vincent Vanasch leur rendra bien, disputant une saison phénoménale qui l’amènera vers les sommets et un impressionnant triplé avec les Waterlootois.

De Londres à Eindhoven

Watducks 2010 arrêtBoosté par le soutien de ses coéquipiers, Vince Papale – en référence à sa ressemblance physique avec le héros du film Invincible- démarre la saison 2011-2012 tambour battant. Il réalise une prestation de haut vol dès la première rencontre. Prémisse d’une saison dorée qui le verra remporter le titre de champion de Belgique et disputer les Jeux Olympiques de Londres, six mois seulement après avoir été rappelé par Colin Batch. The Wall est né.

«Je ne m’attendais sincèrement pas à arriver jusque-là. Cela faisait bien sûr partie de mes ambitions puisque j’étais quand même en A en tant que 3e gardien », explique-t-il, le sourire aux lèvres. « J’ai réintégré l’équipe des Red Lions en février 2012. Je venais simplement en invité et quelques mois plus tard, je suis le n°1 à Londres ».

Vanasch Londres terrain de dos

De troisième gardien à titulaire aux Jeux Olympiques. En seulement six mois.

Une saison qui restera à jamais marquée dans la mémoire de Vinchoux, dont le meilleur souvenir avec le Watducks est le titre remporté en 2012. « Il y a tout eu. J’avais un fait un gros gros match, le Dragons était favori et Gauthier (Boccard Ndlr) marque un but inoubliable. Je n’ai jamais couru aussi vite avec mes guêtres. En revenant au club après le match, la pression était encore tellement présente qu’on n’était même pas capable de boire une bière », rigole The Wall.

La saison suivante est celle de la confirmation. Peut-être bien la plus difficile. Mais Vincent Vanasch passe le test haut la main et poursuit sa belle épopée avec deux nouveaux titres de Champion de Belgique. Lors de sa dernière saison au Watducks, Papale n’encaisse que 22 buts. Les Waterlootois sont au sommet de leur art. L’occasion pour le gardien des Red Lions de trouver un nouveau challenge. « Oranje Zwart m’avait déjà contacté après Londres, mais je voulais rendre au Watducks ce que le club m’avait donné. Ils sont revenus l’année d’après. Comme on dit, jamais deux sans trois et je suis donc parti après le troisième titre. J’avais envie de jouer dans le meilleur championnat du monde et de découvrir une autre culture ». On connaît la suite de l’histoire. Le Bruxellois remporte deux titres en Hoofdklasse et soulève la Coupe d’Europe, en compagnie d’Elliot Van Strydonck et de Thomas Briels.

EHL trois belges
Malgré une carrière de hockey qui lui prend énormément de temps, Vincent Vanasch arrive à la fin de ses études de kiné. Il a d’ailleurs récemment passé trois examens, qu’il devait réviser pendant… le Champion’s Trophy. Un rythme d’enfer que le gardien des Red Lions a réussi à gérer avec les années, même s’il est parfois difficile de tout combiner. «Après le tournoi à Londres, j’ai planifié quelques jours pour étudier. Mais pendant les dernières semaines de préparation, je devais absolument préparer mes examens. J’allais à l’entrainement, puis je rentrais étudier. Et le lendemain matin, je devais y retourner. C’était un rythme de fou », confirme celui qui aura un peu plus de temps après les Jeux Olympiques.
Pas question pour autant de revoir les ambitions sportives à la baisse. Son retour au Watducks, qui a fait les gros titres de la presse spécialisée, n’est pas passé inaperçu et Vincent Vanasch compte bien redorer le blason d’une équipe en perte de vitesse. « J’avais tout remporté avec Oranje Zwart. Je voulais rentrer en Belgique et j’ai prévenu le Watducks que je revenais. Eux ne comptaient de toute façon pas continuer avec Arnaud Flamand. Je pense qu’il s’agit d’une erreur de communication avec les joueurs concernés. Mais c’est de l’histoire ancienne à présent. J’aurai un rôle différent au Watducks. Je voudrais récréer une grosse équipe capable de gagner le titre et d’aller le plus loin possible en EHL», explique le futur marié (le mariage est prévu pour septembre). Une vie bien remplie, au moins jusqu’aux Jeux de Tokyo puisque Vanasch estime qu’il aura alors atteint sa pleine maturité.
The Wall achèvera alors une carrière faite de grosses déceptions et d’immenses joies, de faux pas et de leçons apprises. Le temps également pour lui de ranger ses guêtres et d’à nouveau faire trembler les filets. «Ces passages difficiles m’ont renforcé et m’ont appris qu’il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds. J’en suis ressorti plus fort et je pense avoir le bon choix de persévérer en tant que gardien. Mais à la fin de ma carrière, je retournerai certainement jouer dans le jeu ! ».

EHL Furste Vanasch shoot out

Vanasch a repoussé les tentatives des plus grands joueurs. Même celles du grand Moritz Furste.

 

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Vincent Vanasch et les Red Lions

Quand a eu lieu ta première sélection avec les Red Lions?

C’était en 2008 lors de la préparation pour Pékin. J’accompagnais l’équipe et le staff avait testé plusieurs joueurs.

Quelle sensation ressent-on lorsqu’on représente la Belgique avec les Red Lions?

Chanter la Brabançonne avec le maillot belge sur les épaules, c’est quelque chose qu’on ne peut pas décrire.

Quel a été ton premier grand tournoi?

A Londres pendant les Jeux. Je n’avais pas disputé de grand tournoi en tant que titulaire avant cela. Je devais avoir 18 caps avant les Jeux. J’étais réserviste avant cela.

Ton plus beau souvenir avec les Red Lions ?

J’espère qu’il sera à Rio (rires). Sinon les Jeux Olympiques.  Nous avions gagné 3-0 contre l’Inde aux Jeux, j’avais tout arrêté! Les joueurs m’ont attendu et m’ont tous applaudi, c’était incroyable. Je souhaite à tous les gardiens du monde de vivre un match comme ça. Tom (Boon Ndlr) me dit encore qu’on aurait pu encore jouer deux heures, pas un goal ne serait rentré!

Et le pire souvenir?

A la Coupe du Monde à Den Haag. C’est un évènement planétaire et on a perdu en quarts. Je regrette vraiment de ne pas avoir pu mieux jouer. J’espère que tout sera rétabli à Rio (rires).

Quelles sont les personnes avec qui tu t’entends le mieux? 

Je suis assez proche de tout le monde, qu’on soit flamand, anversois, bruxellois, je parle avec tout le monde. Après, être champion avec d’autres joueurs, je ne peux pas le décrire mais ça rapproche.  Il y a une affinité en plus.

Quels seront les élément clés pour faire le meilleur résultat possible à Rio?

Il faudra rester soudés quoiqu’il arrive. Avant on perdait tout le temps contre l’Australie puis on a fait un résultat et on a enchaîné avec des bons matchs. Ils ont peur de nous maintenant. On doit jouer en équipe et y aller ensemble.

On doit quand même se mettre dans la tête qu’on est outsider. On a tout mis en œuvre pour réussir à Rio. La mentalité a changé aussi. On est passé par des étapes, il faut accepter de perdre pour pouvoir gagner. On ne veut pas revivre le quart de finale qu’on a vécu en Coupe du Monde.

Que veux-tu apporter à l’équipe maintenant ?

Une certaine sérénité, que la défense sache que je suis là, ainsi que mon expérience acquise aux  Pays-bas et en EHL. Quand je parle, on m’écoute. Je ne parle pas tout le temps mais on m’écoute. J’ai gagné beaucoup de titres avec les meilleurs joueurs du monde. Ça marque aussi le respect des joueurs autour de moi.

Un petit pronostic pour les Jeux Olympiques ?

J’espère une finale Pays-Bas-Belgique.

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Bertrand Lodewyckx

 

3 Comments on “The Wall traverse l'Atlantique”

  1. Moreau de Melen

    Quelle belle leçon!
    J’ai un petit-fils grand espoir du Watducks me dit-on. Puisse-t-il lire ces commentaires et en faire tout profit?
    Peut-être arrivera-t-il à la porte de la 1ère avant que Vincent ne range ses guêtres!
    C’est ce que je lui souhaite.

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