Six bonnes raisons de jouer au hockey en salle

Pendant deux mois, les hockeyeurs belges ont troqué leur stick d’outdoor avec ceux de salle. Et si l’engouement pour cette discipline ne cesse de grandir chez les jeunes, l’enthousiasme est bien différent dans les catégories adultes, particulièrement en division d’honneur. Il faut dire que le calendrier est déjà bien chargé tant pour les dames que les messieurs qui, la plupart du temps, voient la période hivernale comme une période de repos. Le constat est particulièrement criant chez les messieurs puisque seuls Namur et le Racing s’investissent réellement à fond tout au long de la saison et sont presque les seuls à s’entrainer en semaine. Pourtant, le hockey en salle est utile à bien des égards et devrait être bien plus valorisé, à l’image de ce qui se passe en Allemagne. Malgré tout, les initiatives de la fédération indoor ont permis de populariser la discipline, à l’image des finales qui ont rassemblé plus de mille personnes fin janvier. Et pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus, voici six bonnes raisons de reprendre le chemin des parquets l’année prochaine.

1. La maîtrise des petits espaces

De par les petites dimensions dans lesquelles on joue, un premier aspect qui ressort du hockey en salle est la maîtrise des espaces réduits, ce qu’on appelle dans l’argot du milieu “ le petit jeu”. L’indoor permet en effet aux joueurs de développer leur capacité à se trouver dans de petits espaces et à enchaîner des séquences de passes précises. La moindre erreur en salle se paie cash et force les hockeyeurs à rester concentrés. Des qualités indéniables qui font progresser individuellement chaque joueur, tant à l’extérieur qu’en salle.

2. Créativité

Un deuxième élément caractéristique du hockey indoor est sa “bi-dimensionnalité”. Interdit de lever la balle ou de dribbler en 3D. Pas non plus de passes en l’air ou de flicks pour atteindre un coéquipier.
Certains diront que cela freine la créativité du joueur et que cela réduit le spectacle. Mais cette règle pousse le joueur à trouver des solutions simples dans de petits espaces. Comment passer entre deux ou trois joueurs dans un espace d’un mètre carré sans lever la balle alors qu’on a deux sticks complètement par terre en face de soi? Voilà l’art de la salle. Ces limites sont en fait l’opportunité pour le joueur de trouver des nouvelles méthodes, techniques, astuces pour dépasser les sticks adverses. Plutôt que de pousser bêtement la balle en l’air, le joueur est obligé de trouver d’autres techniques pour dribbler en ayant notamment recours à des feintes de corps, des changements de vitesse etc. Vous disiez freiner la créativité ?

3. Des passes puissantes et précises

Le règlement prévoit également qu’on ne peut pas frapper la balle, à l’instar des shoots ou raclettes. Un joueur ne peut alors qu’utiliser un push, qu’il répète inlassablement durant la rencontre. Après plusieurs rencontres, la technique de push est bien plus développée ainsi que sa puissance et sa fluidité. Cette technique de passe est extrêmement efficace quand elle est bien réalisée. Elle est rapide, précise, peut se faire à l’arrêt et en mouvement et permet également au joueur de rester en contact avec la balle et donc la protéger (contrairement au shoot ou à la raclette). De même le joueur peut, puisqu’il ne se sépare pas de la balle, regarder les options de passe autour de lui tout en courant avec la balle.

4. Stoppings irréprochables

Le joueur de hockey en salle se doit d’être irréprochable techniquement. Non seulement les passes doivent être parfaitement exécutées, mais aussi les stoppings. L’indoor ne laisse aucune une marge d’erreur quant à la qualité du stopping, la balle doit rester à terre. Tout balle qui monte en l’air constitue une faute. Le joueur doit alors bien fermer son stick pour garder un contrôle total des passes puissantes que lui délivrent ses coéquipiers, sans quoi il perd la possession de la balle.

5. La défense basse

La salle c’est avant tout la défense. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des équipes moins compétitives en gazon arrivent à concurrencer, voire à être supérieures en indoor. Une équipe soudée, structurée avec un bon système défensif sera toujours une équipe coriace. La défense comprend tant la défense collective qu’individuelle. Du fait qu’on ne peut pas lever la balle, la défense en salle est une défense “basse” avec la main gauche constamment par terre dans les duels. Une technique qui développe la souplesse et fait intensément travailler le jeu de jambe.

Et comme cinq bonnes raisons ne suffisent pas pour parler du hockey en salle, nous en ajoutons une dernière, peut-être même celle qui a le plus d’impact sur le hockey extérieur.

6. La vitesse d’exécution

C’est certainement au niveau de la vitesse d’exécution et le rythme de passes que la salle est la plus impressionnante. L’Allemagne est l’exemple parfait de ce style de jeu. Ses équipes nationales, tant chez les jeunes qu’en A, se caractérisent par un rythme effréné de passes. Quand on regarde l’Allemagne jouer, on a même du mal à suivre la balle tellement les passes sont rapidement exécutées. Très peu de shoots, beaucoup de push, des prises de balle en mouvement, un soutien constant au porteur de balle, la recherche de supériorité numérique etc. Ils font du hockey en salle sur un terrain synthétique!

De même, contrairement aux internationaux des autres nations, les joueurs allemands jouent tous au hockey en salle. Les champions olympiques en titre disputent pendant trois mois un championnat régulier divisé en régions. Pour l’anecdote, lors de la finale de la World League en 2014 en Inde, les Allemands, qui avaient été sacrés champions, revenaient d’un mois et demi sans toucher le stick outdoor puisqu’ils avaient joué la saison indoor, qui, en Allemagne attire une attention médiatique sans égal. De quoi faire réfléchir.

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Un hockey à deux vitesses

Le hockey en salle peut être la solution à nombre de dilemmes du hockey moderne. Actuellement, un écart se creuse entre les joueurs internationaux et les joueurs qui ne jouent qu’en club. Le hockey moderne tel que la FIH l’entend est programmé pour et en fonction des équipes nationales. Là où un Red Lion va faire onze mois de hockey par an, un joueur de division d’honneur va jouer seulement de septembre à mi-novembre puis de mi-février à avril. Ce qui fait au final cinq mois de compétition, la moitié d’un international. Un hockey à deux vitesses semble se mettre de plus en plus en place. Or, le hockey ne doit pas uniquement se résumer au hockey international. Le hockey devrait se développer avant tout par la base: les clubs. Dans la configuration actuelle, les clubs ne “vivent” que pendant 6 mois. Cette configuration limite les possibilités de progrès pour les jeunes joueurs qui ne sont pas en équipe nationale, elle limite également les rentrées financières créées par les matchs des équipes premières. Ce calendrier ferme la porte à des éventuels nouveaux sponsors qui ne souhaitent pas financer un championnat qui ne dure que cinq mois.
Le hockey en salle pourrait résoudre ces carences du hockey moderne en instaurant un calendrier en deux temps: un calendrier gazon jusqu’au mois de novembre et un calendrier salle jusqu’au mois de mars par exemple. De la sorte, les clubs continueraient à tourner, les joueurs continueraient à joueur à haut niveau, et les sponsors verraient le hockey comme un sport plus intéressant grâce à un calendrier plus étoffé et à une affluence majeure pendant une période plus longue.
Mais les problèmes logistiques freinent le développent du hockey indoor. Les salles en Belgique sont saturées, tout comme les terrains extérieurs, ce qui n’empêche pourtant pas d’accueillir de nouveaux membres chaque année. Développer le hockey en salle revient à développer le hockey tout court. Nombre d’écoles belges possèdent des salles multisports adaptées à la pratique du hockey indoor: l’occasion parfaite promouvoir notre sport dans les écoles parmi un public clé, les enfants.En effet, le hockey en salle est plus accessible que le hockey sur gazon et représente un outil pratique et économique pour promouvoir notre sport partout en Belgique.