Quand on aime ce qu'on fait, il n'y a pas de limites

Pau, après 8 saisons en Belgique, vous êtes devenu une légende du hockey belge, surtout après avoir obtenu le Stick d’or à 32 ans, alors que le championnat belge atteint le meilleur niveau de son histoire. Comment expliquez vous avoir reçu ce prix après autant de saisons?

Je ne sais vraiment pas. Des gens disent que je le méritais avant mais si je ne l’avais pas remporté c’est que d’autres joueurs le méritaient davantage. L’année passée, l’équipe de Louvain a très bien joué  et cela m’a aidé à être performant. Je suis content d’avoir cette grande reconnaissance, mais cela ne change rien au niveau personnel puisque je joue au hockey pour m’amuser. J’essaie de faire de mon mieux à chaque match et d’aider l’équipe. Certaines saisons cela marche mieux et l’année passée en est l’exemple.

Que pensez-vous de l’évolution du hockey belge ces dernières années?

Le hockey belge est devenu très exigeant et professionnel. L’exigence des clubs est supérieure étant donné le rythme élevé imposé par l’équipe nationale, ce qui rend le championnat très attractif. En ce moment, l’équipe nationale est dans une très bonne période, l’équipe compte de très bons joueurs de haut niveau avec de l’expérience. Cela a été possible grâce au travail réalisé dans toutes les catégories d’âge depuis quelques années.   Le hockey belge est une des références internationales avec un championnat très disputé. Tous les dimanches,  il faut se donner pour prendre les trois points.

Comment êtes vous arrivés à Louvain?

Je suis arrivé après une saison à Laren. En 2005, juste après avoir signé mon contrat là-bas, j’ai reçu un appel de Louvain qui me proposait de venir jouer en Belgique. À ce moment là, j’étais engagé à Laren et je leur ai demandé de me laisser partir en février 2006  puisque je n’avais qu’un an de contrat.

Louvain est venu me voir jouer en Hollande et m’a offert la possibilité de jouer pendant trois saisons. Mais à cause de mon expérience personnelle en Hollande, je ne voulais rester qu’une saison. Leur réponse a été claire:  « Pau mais nous sommes sûrs que tu resteras trois ans« .

Après 8 saisons, je suis encore ici. Ils avaient raison et je suis très content de mon choix. Louvain est ma deuxième maison, et grâce à ce petit club familier, j’ai pu développer la meilleure version de moi-même comme joueur et surtout j’ai eu l’opportunité de rencontrer des grands joueurs avec qui je suis devenu ami.

Vous remarquez une grosse différence entre votre arrivée et maintenant?

Quand je suis arrivé en Belgique,  le niveau n’était pas très élevé. Il y avait 6 équipes de bon niveau et 6 équipes moyennes. Le format était aussi différent et quand on se retrouvait dans le Top 6, tous les matchs étaient intéressants, ce qui rendait la compétition très attractive. Le grand changement a été l’augmentation soudaine de membres qu’a connu le hockey belge, fruit d’un grand travail de la fédération et des clubs. La qualification des Red Lions aux JO de Pékin 2008 a changé la donne avec plus de moyens humains et financiers. Depuis lors, le hockey belge continue à croître.

Continuerez-vous à jouer après les JO?

Il y a des rumeurs qui circulent à ce propos. Je n’ai pas encore pris de décision  mais je dois admettre que cela fait quelques années que ma situation familiale a changé et le hockey ne sera plus la priorité. Il y a d’autres personnes et d’autres choses que j’ai envie de découvrir. Au niveau physique et mental, je me sens prêt pour faire encore une ou deux saisons mais je vais décider dans quelques mois.

Que se passe-t-il avec le hockey espagnol?

Je  le suis de loin, mais à 1ère vue, un premier obstacle à son développement est la dimension géographique du pays. En Espagne, le budget des équipes premières va directement dans les déplacements de chaque weekend tandis qu’en Belgique, le budget est alloué aux joueurs. De même, il manque beaucoup de promotion et de publicité pour le hockey. Les clubs font des grands efforts et sortent des grands joueurs mais nous ne sommes que quelques 10.000 joueurs d’un hockey sans croissance ni d’évolution.

Quelles sont les ambitions de l’équipe nationale?

Nous en avons beaucoup. Il y a une envie folle de travailler et surtout un groupe de joueurs qui se respectent et s’entendent bien. Nous travaillons moins que les autres équipes nationales, à cause des budgets et de la situation économique du pays. Nous faisons tout pour avoir la meilleure préparation en groupe et individuellement. Nous avons le talent et les qualités pour rêver mais on doit y aller étape par étape et travailler chaque semaine pour apprendre à être compétitifs dans les grands tournois. Si on gère bien cet aspect, on peut aller loin à Rio.

Pensez-vous déjà à votre vie d’après ?

Oui, j’ai toujours su que je devrais étudier et travailler pour vivre, que le hockey ne suffirait pas.  Ce moment est arrivé, et je suis prêt pour le changement. Non seulement au niveau professionnel mais également au niveau mental. J’ai d’autres challenges que le hockey qui me motivent énormément.

Quels seraient vos conseils aux jeunes qui viennent vous admirer tous les dimanches?

Je ne crois pas que beaucoup de jeunes m’idolâtrent, mais s’il y en a, je leur conseillerais de s’amuser. En prenant un peu de recul, je remarque que j’ai appris à faire de mon sport ma profession et j’en suis fier. Le hockey apporte énormément de choses dans une vie personnelle et il faut valoriser et surtout aller chercher cela. Quand on aime ce qu’on fait, il n’y a pas de limite et n’importe quel challenge est possible.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *