Meet The Legends #2: Max Luycx, un monument du hockey belge

Maxime Luycx, deuxième joueur le plus capé avec l’équipe nationale belge, mérite bien sa place dans la rubrique Meet The Legends. Parce qu’au-delà d’un palmarès incroyable et d’une longévité au plus haut niveau presque sans égal, le milieu du terrain du Watducks a grandi avec son sport, vécu les premières épopées au sommet en club et avec les Red Lions. Une légende du hockey belge.

D’un petit club du Brabant Wallon aux Red Lions

C’est sur le terrain du club de Waterloo que le jeune Max Luycx suit les pas de son père et dispute ses premiers matchs de hockey sur gazon. L’enfant n’a alors que cinq ans et les clubs de Waterloo n’ont pas encore fusionné. « L’équipe première était à l’époque en troisième division nationale et il n’y avait qu’un petit chalet en bois, un peu plus loin que le club actuel », se souvient-il. Qui aurait alors parié que vingt ans plus tard, le Watducks décrocherait son premier titre et s’imposerait comme l’un des acteurs majeurs du hockey belge ? La génération du Waterlootois est en tout cas la première à faire briller les couleurs d’un nouveau club, le Waterloo Ducks. Le jeune Luycx fait ses premiers pas en attaque avant de descendre dans le milieu de jeu et d’emmener ses coéquipiers vers les sommets, jusqu’au premier titre, en scolaires, en 1994. Le début d’une épopée qui mènera cette génération composée des  Haquenne, De Saedeleer, Verpaele vers le premier titre du Watducks, douze ans plus tard.

Les premières années de Maxime Luycx (au milieu en bas) en équipe première. On peut notamment reconnaître Xavier de Grève (2e debout en partant de la gauche) et François de Saedeleer (3e debout en partant de la droite).

Mais la route vers ce premier trophée est encore longue. Lorsque Maxime Luycx intègre l’équipe première de son club à 15 ans, le Watducks végète encore en troisième division nationale. La génération dorée des Waterlootois ne va pas tarder à prendre ses marques. « On a eu la chance d’être bien encadrés par les anciens. Nous avons été bien formés et lancés dans le bain par Paul Van Laethem, qui nous connaissait bien », explique le quintuple champion de Belgique. « C’est vrai que le jeu était fort physique à l’époque, mais une fois qu’on s’est aguerris, on a pu apporter nos qualités techniques ». Max Luycx et ses coéquipiers de toujours font monter l’équipe en nationale 2. « C’était le début de l’histoire du Watducks », souligne-t-il. Mais après deux saisons où il échoue tout près de la montée en première division, le Waterlootois de cœur quitte son club pour la première fois, direction Uccle Sport, où il passera deux fois près du titre lors de ses deux saisons passées dans le club bruxellois.

Un choix justifié par la prochaine Coupe du Monde que le Belgique disputera en 2002 à Kuala Lumpur. S’il a pu faire partie des équipes nationales jeunes tout en jouant avec son club, les exigences avec les Red Lions sont plus élevées. La Belgique ne s’était pas qualifiée pour les Jeux Olympiques de Sydney et plusieurs joueurs recevaient alors la chance de se montrer sous le maillot belge. Sélectionné un mois avant ses 18 ans, Max Luycx brille dès sa première rencontre avec l’équipe nationale messieurs. Il marque en effet son premier but dès sa première sélection, contre le Canada. « C’était un rebond sur pc, j’étais là au bon endroit au bon moment », sourit-il. On est alors en 2000 et à ses côtés, on retrouve des joueurs comme Jean Willems, Marc Coudron ou encore Vitali Kholopov. Une autre époque.

Les débuts du professionnalisme

Après deux saisons à Uccle Sport, le Brabançon retourne à ses premiers amours et retrouve la génération avec laquelle il a toujours joué. Le Watducks est désormais en division 1 et les Van Hove, De Saedeleer ou Brooke viennent de se maintenir dans l’élite. La grande époque du matricule waterlootois n’est plus très loin. Lors de son retour au Watducks en 2003, le déjà expérimenté international belge accompagne son équipe jusqu’aux premiers playoffs de l’histoire du club. « Nous avions été renforcés par deux très bons australiens, mais ils ont dû rentrer dans leur pays à la trêve. Au final, nous y sommes tout de même arrivés sans eux », ajoute Maxime Luycx.

Cinq ans après ses débuts en équipe première et trois saisons après sa première rencontre avec les Red Lions, le hockey belge a bien progressé, les entraînements sont plus nombreux et peu à peu, le professionnalisme s’installe. « A l’époque, l’équipe nationale n’était que dans le Top 15, pas mieux. On a senti un réel changement avec Gilles Bonnet, c’était plus strict, avec plus d’entraînements », souligne-t-il. « On ne pouvait pas encore imaginer qu’on allait grandir aussi vite.  Nous n’étions pas la génération la plus douée mais avec des joueurs impliqués et motivés, on a commencé à se rendre compte qu’on pouvait faire des résultats ». En club, l’atmosphère a également changé.

2006, l’année du premier titre de l’histoire du Watducks avec les frères De Grève, aux côtés de Max Luycx depuis toujours.

On est passé à trois entraînements par semaine, des préparations physiques plus poussées et individualisées. Des sacrifices en plus, mais qui vont rapidement porter ses fruits.

La montée en puissance

C’est le début d’une ère passée au plus haut niveau pour Maxime Luycx, qui brille tant avec le Waterloo Ducks qu’avec le maillot de la Belgique. Et les succès s’enchaînent. 2006, à 24 ans, Max vit le plus beau moment de sa carrière en club et décroche le titre avec ses coéquipiers de toujours mais aussi entouré de Juane  Garreta, des frères Vandeweghe et d’un mentor, Pascal Kina. Le trophée est d’autant plus mémorable qu’il est arraché dans les prolongations du stick d’un certain… Maxime Luycx qui libère tout une équipe, des centaines de supporters, tout un club qui peut dignement fêter son premier titre de champion de Belgique.

Manchester, 2007. La qualification pour les Jeux Olympiques de Pékin reste comme l’un des moments historiques du hockey belge.

Un an plus tard, c’est avec l’équipe nationale que l’emblématique milieu de terrain vit le plus beau souvenir de sa carrière internationale. Manchester, 2007, un tournoi qui résonne encore comme le début d’une période dorée pour le hockey belge. L’équipe nationale masculine de hockey sur gazon est enfin qualifiée pour les Jeux Olympiques de Pékin, quelques années après l’échec dans les dernières secondes d’un match qualificatif pour les JO d’Athènes, le pire souvenir de la longue carrière internationale de Max Luycx. Tout comme le premier titre national avec le Watducks, la tâche ne s’annonçait pas facile. Deux mois avant la Coupe d’Europe Manchester, coup de tonnerre, Gilles Bonnet démissionne après l’humiliation au Champion’s Challenge à Boom, où les Belges n’ont décroché qu’un seul maigre point.  « Je pense que le déclic s’est fait quand Adam commens a repris l’équipe. Il y a eu une remise en question générale des joueurs et il y a souvent un électrochoc lorsqu’on change de coach », confie le deuxième joueur le plus capé du hockey belge. « Il est arrivé avec sa mentalité australienne, et avec son staff il a réussi à nous mettre dans la tête qu’on pouvait se qualifier pour les Jeux Olympiques, que c’était possible ».

Un monument du hockey belge

La suite, vous la connaissez. Maxime Luycx, c’est cinq titres de champion de Belgique avec le Watducks (2006, 2009, 2012, 2013 et 2014), près de quinze ans dans l’élite du hockey belge, douze ans en équipe nationale, 345 sélections et soixante buts. Un monument du hockey belge.

Et lorsqu’on lui demande s’il a l’impression d’avoir participé à la première grande épopée du hockey belge, Maxime Luycx s’empresse de souligner le travail réalisé par la fédération, le Comité Olympique Belge (COIB) et ses précédents coachs en équipe nationale. « Aujourd’hui, on peut encore remercier Gilles Bonnet parce qu’il a bougé des montagnes pour que le COIB finance les préparations. C’est avec lui qu’on a commencé à s’entraîner le matin en semaine. Il faut également citer Bert Wentink et Marc Coudron qui ont réalisé un travail exceptionnel. Il y a tout un travail en amont qui explique les résultats actuels », confirme-t-il. « Je ne m’attendais pas à cela au début de ma carrière et je suis fier et heureux d’avoir participé à l’évolution du hockey belge en général. Mais il faut avouer que la génération actuelle et la meilleure de toutes. Il y a des joueurs qui font partie du top mondial, ce qu’il n’y avait pas du tout il y a six, sept ans », poursuit-il humblement.

Il faut néanmoins souligner tout le travail accompli par la génération de Maxime Luycx, sans qui le hockey belge n’en  serait pas où il est actuellement. Des passionnés, des travailleurs acharnés qui devaient combiner sport de haut niveau et vie professionnelle, plus encore qu’actuellement, et qui ont permis à la Belgique de décrocher une magnifique médaille d’argent à Rio. « J’ai aussi eu la chance de participer aux Jeux de Londres où on termine 5e,  au Champions Challenge qu’on remporte en 2011.  J’ai connu les belles années des Red Lions même si j’aurais aimé gagner une médaille olympique », sourit-il.

Le joueur a pourtant su s’arrêter à temps. Après plus d’une décennie avec l’équipe nationale belge, le meneur de jeu des Red Lions se retire avec une très belle 5e place aux Jeux de Londres. Deux ans plus tard, il prend congé de l’équipe première du Watducks après un cinquième titre de champion de Belgique.

Digne des plus grands.

©Belga

 

Bertrand Lodewyckx

 

 

 

 

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