L'un des futurs cracks des Red Lions

De retour sur les terrains depuis trois semaines, Victor Wegnez continue de rêver de Jeux Olympiques, à défaut de playoffs avec le Daring, son club de cœur, qu’il n’a jamais quitté. Molenbeekois de souche, le jeune international a connu une ascension rapide depuis qu’il a intégré l’équipe première des rouges et gris à 15 ans.

Touché à l’ischio-jambier en janvier avec les Red Lions lors du stage en Afrique du Sud, Victor Wegnez a dû prendre son mal en patience avant de revenir sur les terrains, assistant avec impuissance à la reprise catastrophique du Daring. « Au total, ma blessure a duré 1 mois et demi.  Cela devait prendre trois semaines et ça a duré le double. Au début, le staff des Red Lions m’avait dit que ce n’était  qu’une contracture. En rentrant, je me suis entrainé en club et le vendredi,  je n’arrivais plus à courir… », explique-t-il, « j’ai repris trop tôt en jouant contre le Beerschot.  A chaque fois je pensais être prêt pour le match du dimanche et je devais tout le temps reporter. Contre le Racing je l’ai un petit peu senti mais maintenant,  tout va bien ».

Manque de calme, incapacité à tenir le résultat, les causes des mauvaises performances du matricule molenbeekois sont multiples. Pas de quoi décourager celui qui s’est toujours battu pour son club, qu’il a intégré à l’âge de 4 ans et demi. « Le hockey n’était pas quelque chose de familial. C’est en fait le meilleur ami de mon grand frère, Antoine Legrain (actuellement au Pingouin Ndlr), qui avait commencé le hockey et sa maman en a parlé à la mienne. Ma mère ne voulait pas que l’on joue au foot à cause de l’ambiance, donc elle nous a mis au hockey au Daring » confie celui qui habite à cinq minutes à pied des terrains. Le sport séduit rapidement son grand frère et son petit frère, mais seul Victor poursuivra sa carrière au plus haut niveau. « Mon petit frère a arrêté parce qu’il n’aimait plus trop l’ambiance de son équipe. Mon grand frère était meilleur que moi mais il a commencé à travailler et il prenait beaucoup de cartes », rigole-t-il.  Et malgré un parcours plus qu’honorable en jeunes, l’un des meneurs de jeu du Daring n’a jamais gagné de titre, « mon unique regret », précise-t-il.  Il est pourtant aux portes d’un trophée en cadets, mais un bras cassé le prive de finale avant d’échouer en demi-finale l’année suivante. «On avait vraiment une bonne équipe. On a mené 2-0 en finale contre le Léo avant de se faire remonter et de perdre… ».

En scolaires, Victor Wegnez joue seulement avec l’équipe 2 de la catégorie et doit se battre pour se faire remarquer. Un parcours qui explique, en partie, sa mentalité d’infatigable combattant, que l’on compare parfois à celle d’un Dorian Thièry. « Nous n’avons pas tout reçu comme cela. A 15 ans quand j’ai intégré l’équipe première, je jouais en Scolaires 2. Je ne pensais pas du tout arriver là où je suis maintenant. Mais c’est vrai que j’ai toujours eu une mentalité de gagnant ». Surtout que le jeune homme est littéralement transformé, une fois sur un terrain. Plutôt introverti dans la vie de tous les jours, cet étudiant en Education Physique n’hésite pas à mener ses troupes, alors qu’il fait partie des plus jeunes de son équipe.

Première sélection, premier but

A presque seize ans, Michel Kinnen fait appel à lui pour disputer un match amical contre l’Héraklès. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que son entrée en équipe fanion n’a pas déçu son coach. « J’étais rentré en cours de match et j’avais marqué un goal. Un tip-in, latte rentrante. J’avais encore pas mal joué, et Michel Kinnen m’a repris alors que je ne m’étais pas encore entraîné avec l’équipe première ».  Quelques semaines plus tard, il dispute son premier match officiel contre Louvain, pour ne plus jamais quitter l’équipe.  Après deux saisons qui voient le Daring terminer à la sixième puis  à la cinquième place, Victor Wegnez dispute ses premiers playoffs il y a deux ans et se qualifie pour l’EHL, l’un des meilleurs souvenirs de sa carrière. « On a terminé quatrième et c’était une expérience incroyable. Notre victoire contre Cologne restera à jamais gravée dans ma mémoire».

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La première expérience de Victor Wegnez en EHL. Parmi les plus beaux souvenirs de sa carrière.

Entre temps, le nouveau Red Lion a eu le temps de faire ses armes en équipes nationales jeunes avec des sélections en U18 et en U21, avec à la clé, une médaille d’or et le titre de meilleur joueur lors d’une mini Coupe du Monde. Des prestations remarquées, qu’il combine avec d’excellents matchs avec le Daring. De quoi taper dans l’œil du nouveau sélectionneur, Shane McLeod, qui l’appelle en début de saison. « Je me souviens que c’était un lundi. Le lendemain du match contre l’Héraklès. Mon objectif était de rentrer dans le noyau le plus vite possible », souligne Victor Wegnez, avant d’évoquer ses premiers entrainements avec les Red Lions. « Au début je n’osais rien dire (rires).  Le niveau est fort différent, c’est beaucoup plus physique, plus rapide ».

Beaucoup de sacrifices et aucun regret

Son intégration dans le noyau se fait pourtant rapidement, bien aidé par son coéquipier Tanguy Cosyns, mais aussi John-John  Dohmen et Alex de Paeuw. Sur le plan sportif, la réussite est également au rendez-vous puisqu’il fait désormais partie intégrante du noyau et que son rêve de Jeux Olympiques pourrait déjà se concrétiser cet été.  Pour cela, il pourra compter sur son explosivité et sa rage de vaincre, résistante à toute épreuve.  « C’est vrai que je peux apporter ma combativité. Le milieu de terrain est assez bouché et je joue donc comme défenseur en équipe nationale. Je dois encore apprendre à ne pas trop m’emballer, ce qui est un peu le problème au Daring. On pète des cases un peu trop vite…».

Ce qui est certain, c’est qu’on peut compter sur le jeune homme pour travailler dur, lui qui rêve également de titres avec le Daring. Même si  la vie d’un jeune hockeyeur de haut niveau n’est pas de tout repos. En dehors du hockey, Victor Wegnez a entamé des études d’éducation physique, plus en phase avec ses envies que ces études précédentes selon lui. « J’avais commencé commerce extérieur mais je n’aimais vraiment et j’ai donc décidé d’arrêter. J’en ai profité pour prendre des cours d’espagnol », sourit-t-il. L’occasion de pouvoir discuter avec ses coéquipiers espagnols et sud-américains, mais surtout d’apprendre la langue de celle qui partage sa vie. Comme son coéquipier Tanguy Cosyns, le jeune homme est tombé sous le charme d’une hockeyeuse espagnole, Mili Mejias, qui joue à Louvain.

Quoiqu’il en soit, Victor Wegnez n’est pas avare d’efforts pour atteindre ses objectifs sportifs et extra sportifs, lui qui ne veut pas traîner en chemin lors de ses études. Bref, une vie bien remplie parfois compliquée à gérer. «C’est vrai que que combiner hockey de haut niveau et études n’est pas facile. Mais malgré tous les sacrifices, je ne changerais absolument rien », conclut celui qui se prédestine à être l’un des futurs cracks des Red Lions.

 

 

 

 

 

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