Les dix raisons d'une victoire historique

  1. La mentalité. C’est peut-être ce qui a le plus impressionné lors de cette demi-finale. On savait que les Red Lions en voulaient et qu’ils étaient capables de résister à la pression. Mais trop souvent, les Belges avaient craqué dans les moments importants. Tout l’inverse d’hier où toute l’équipe a répondu présent. Les Red Lions étaient tout simplement morts de faim. Le discours du capitaine John-John Dohmen avant l’entame de la rencontre voulait tout dire : « On va leur foutre sur la gueule, on va gagner tous ces putains de duel. On ne donne rien ici». Sur le premier but, Truyens était le premier à se jeter sur la balle pour l’envoyer au fond. Quelques centimètres derrière lui, Boon avait également plongé pour marquer. Défensivement, les Belges ont résisté héroïquement et se jetaient sur toutes les balles, comme si leur vie en dépendait. Exemplaire !
  2. L’intelligence de jeu. Les troupes de McLeod n’ont pas une seule fois de la partie pris de risques inconsidérés. Une excellente combinaison de prudence et d’accélérations aux moments opportuns. Les Red Lions ont été plus intelligents que leur adversaire. Patients, efficaces, sobres. Le but de Dohmen en est l’exemple parfait. Le long flick de Denayer vers Charlier est un éclair de génie, son contrôle est parfait et l’attaquant bruxellois a l’intelligence de ne pas tirer au but et d’attendre l’arrivée de son capitaine en protégeant sa balle avec son corps. Le centre est parfait, la déviation limpide.
  3. Un gardien de classe mondiale. Si les seize joueurs ont tous livré un match presque parfait, Vincent Vanasch a carrément dégoûté quelques-uns des meilleurs attaquants au monde. Verga, Bakker, De Voogd, pour ne citer qu’eux, n’ont jamais trouvé la faille. The Wall porte son surnom mieux que jamais. Van der Weerden, pourtant l’un des meilleurs artificiers sur pc, a buté trois fois sur notre gardien avant de trouver le chemin des buts grâce à une malencontreuse déviation de Denayer. Pour le reste, Vanasch a sorti sept superbes arrêts à des moments cruciaux.
  4. La technique. En deux rencontres, la Belgique vient peut-être de battre les deux équipes les plus douées techniquement sur terre. Les dribbles déroutants de Briels, pourtant bien connu aux Pays-Bas, en ont fait chavirer plus d’un. Et que dire des actions de Dockier, qui se jouait de deux défenseurs dans le 1er quart pour se mettre en coup droit et tirer instantanément, et de Van Aubel qui, en deux gestes, trouvait facilement le pc face à Van der Horst, récemment élu meilleur joueur du monde.
  5. Créativité. On le répète depuis des mois, Shane McLeod mise sur la créativité de ses joueurs, quand ses prédécesseurs demandaient un jeu stéréotypé. Les Red Lions se sentent libres sur un terrain et cela se voit. Les Belges ont superbement combiné hier pour se sortir du press adverse et percer la défense hollandaise. Le flick de Denayer vers Charlier, qui amène le second but belge, est la preuve de ce nouvel état d’esprit.
  6. Discipline et physique. Truyens&cie ont parfaitement appliqué la tactique hier. Depuis le début du tournoi, les Red Lions récupèrent énormément de balles dans l’entrejeu grâce à un press intelligent. Physiquement, ils font partie des meilleurs au monde. Hier, les Belges étaient partout. Tout le monde a accompli sa tâche défensive avec hargne et détermination. Indispensable et terriblement efficace.
  7. Une équipe homogène. Impossible hier de remarquer les changements de joueurs opérés tout au long de la partie. Les seize joueurs ont joué à leur meilleur niveau hier et la Belgique n’a montré aucune faiblesse. Un véritable groupe soudé.
  8. Les leaders ont pris leurs responsabilités. Dohmen, Truyens et Denayer, le vice-capitaine ont montré l’exemple. Tchouk a inscrit le premier but, John-John marque le 2-0 décisif tandis que Denayer, bien plus présent que lors des autres rencontres, est à la base du 2e but. Les pions essentiels de l’entrejeu ont répondu présent quand il le fallait.
  9. Efficacité. Deux lacunes étaient fréquemment pointées lors de la préparation. Le manque de concentration pendant l’entièreté du match et les nombreuses occasions galvaudées. Des errements gommés depuis le début du tournoi et plus particulièrement hier. Les Red Lions n’ont jamais rien lâché et affichent des statistiques impressionnantes en attaque. Deux pc, dont un marqué sur rebond et deux buts en cinq occasions franches. Une belle leçon de réalisme.
  10. Si un mot devait résumer la victoire des Red Lions hier, ce serait la maturité. Après des années et des années d’apprentissage, de dur labeur, d’intenses moments de joie comme de cruelles désillusions, les Belges ont prouvé qu’ils avaient franchi un cap. Patients, intelligents, soudés, capables de concrétiser leurs temps forts et de résister pendant les moments difficiles. Les superlatifs ne manquent pas. Et dire que la Belgique aligne la troisième équipe la plus jeune du tournoi, derrière les Indiens et les Allemands, avec une moyenne d’âge de 25,6 ans.

Bertrand Lodewyckx

2 Comments on “Les dix raisons d'une victoire historique”

    1. Alfonso Moreno

      Merci Freddy! C’est l’objectif pour les compétitions qui viennent. A très bientôt. Bertrand

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