Le Coze en route pour Rio (3/16)

Cosyns étiquetteTanguy Cosyns

1m74. 72 kg.

84 caps

29.06.1991 (24 ans)

Clubs : Daring, Watducks, Daring

Chez les Cosyns, le hockey est avant tout une histoire de famille et de club. Plusieurs générations que Tanguy Cosyns&cie portent fièrement la vareuse du club molenbeekois. Le grand-père arpentait déjà les terrains avant que l’actuel président, Gérald Cosyns ne prenne le relais en compagnie de son frère notamment. Un virus qu’attraperont les deux frères, Geoffroy et Tanguy, qui font les beaux jours de l’équipe première du Daring. Et la relève est même assurée puisque les deux petites sœurs du Coze marchent dans les pas de leurs grands-frères. Garance est sélectionnée en U16 nationale tandis que la plus petite, Clara joue en U8… au Daring, bien évidemment. Bref, on risque bien de voir la famille Cosyns fouler les terrains pour de nombreuses années.Cosyns petit

Comme un bon nombre de ses coéquipiers en équipe nationale, Tanguy Cosyns dispute ses premières rencontres à l’âge de cinq ans, sous le regard avisé de son père, joueur chevronné de l’équipe première du Dar, et de son frère Geoffroy, de deux ans son aîné. Rapidement, Tanguy s’affirme comme l’un des meilleurs éléments du pays et, à douze ans seulement, il intègre l’équipe nationale des U14 avec son frère. « J’étais vraiment beaucoup plus petit que les autres », rigole-t-il.

L’aventure sous les couleurs belges prend pourtant fin et c’est avec le Daring que l’attaquant de poche connaît ses plus belles heures. En compagnie notamment de James Dubuisson et de Charles Jacquier, le grand frère de Clément, il atteint la finale en salle en cadets.

 

Cosyns avec Dubuisson et Jacquier

Tanguy Cosyns, au milieu, en compagnie notamment de James Dubuisson et Charles Jacquier.

Si le Daring ne parvient pas à remporter ce titre, ce n’est que partie remise. Sous la houlette de Gilles Vanderschelde, «mon héros au Daring, il m’a vraiment énormément appris», précise Tanguy, les jeunes molenbeekois décrochent le titre en juniors. Une véritable consécration pour le club et cette génération dorée.

Son père comme coéquipier

Entre temps, le cadet des frères Cosyns n’aura pas attendu de terminer ses catégories jeunes pour intégrer l’équipe première de son club de cœur.

Uccle Daring Trois Cosyns

Tanguy entouré de son père et de son frère, Geoffroy, encore à Uccle Sport à l’époque.

A quinze ans seulement, il rejoint un certain… Gérald Cosyns, son père, en deuxième partie de saison. Le Daring joue alors avec les six premiers de D1 contre les six premiers de l’élite. Une autre époque pour le club, maintenant habitué à jouer le top de la division d’honneur. Quoiqu’il en soit, l’intégration de Tanguy est réussie et il poursuivra l’aventure pendant trois ans en équipe fanion. « Mon père a malheureusement pris sa retraite après ma première saison avec lui donc je n’ai finalement joué qu’une demi année avec lui », regrette-t-il.
Jusqu’à ses dix-huit ans, l’actuel numéro 32 (celui de David Beckham), s’affirme en équipe première et aide le Daring à jouer les barrages contre Uccle Sport.
Un duel fraternel puisque son grand frère, Geoffroy, porte les couleurs des Merles. Finalement, c’est l’ainé qui l’emporte mais l’avenir de Coze est déjà bien tracé. «Cédric Charlier et Tom Boon jouaient encore à Uccle à cette époque… J’avais fait une très bonne saison où j’avais marqué beaucoup de buts. J’ai eu beaucoup de propositions et j’ai finalement décidé de rejoindre le Watducks».

 

La parenthèse waterlootoise

Même si les débuts ne sont pas les plus faciles avec peu de temps de jeu et plusieurs rencontres en équipe 2, le jeune Cosyns se bat pour intégrer une équipe au sommet de sa forme, avec des légendes du hockey belge comme Max Luyckx ou Thomas Van den Balck, pour ne citer qu’eux. A seulement dix-huit ans, Tanguy parvient pourtant à faire son trou, si bien qu’en quatre saisons passées au Watducks, il dispute quatre playoffs et remporte deux titres de champion de Belgique. «L’objectif était de beaucoup apprendre parce que j’étais très jeune. Au final j’ai été tiré vers le haut par un groupe au Watducks qui était très qualitatif avec énormément d’expérience. Ça m’a beaucoup servi», explique-t-il.

Cosyns WatducksPendant ses années au sein de l’effectif waterlootois, Tanguy Cosyns aura eu l’occasion de se faire remarquer par les coaches des équipes nationales jeunes et c’est ainsi qu’il intègre les U18, non sans quelques hésitations. «Michel Kinnen était  le coach des U18. Au début je ne voulais pas trop les rejoindre parce que mon frère avait eu une mauvaise expérience en équipe nationale et n’avait plus été repris », confirme le Molenbeekois. « Je me suis dit que si lui n’était pas sélectionné, je ne voyais pas pourquoi je le serais. Mais après beaucoup de discussions, j’ai  accepté d’essayer. Je n’ai plus quitté l’équipe nationale depuis ».

Pendant plusieurs années, il participe à toutes les compétitions avec les équipes nationales, U18 puis U21, alors que certains de ses coéquipiers et amis de sa génération disputent déjà leurs premières rencontres avec les Red Lions. A l’inverse des Boccard, Gougnard ou Van Aubel, le Daringman ne sera appelé par le sélectionneur national qu’après les Jeux Olympiques de Londres.

Une déception certes, mais qui a lui a permis de boucler ses études plus rapidement que la plupart des sportifs de haut niveau de son âge. « Même si c’était difficile de tout combiner, j’ai eu la chance entre guillemets d’avoir une période de trois, quatre ans où j’étais en U21 et non avec les Red Lions. J’ai donc pu avancer dans mes études tout en ayant dans un coin de ma tête que je pouvais être repris en A d’un jour à l’autre et que je devrais alors arrêter mes études», souligne Coze, « J’ai pris le taureau par les cornes et j’ai fini mon bachelier en commerce international en quatre ans.  C’est quelque chose dont je suis assez fier, parce que j’ai beaucoup sué pour y arriver. Maintenant je suis tranquille, je peux vivre ma carrière sportive à 100%».

Le retour triomphal

Son travail, tant en dehors que sur les terrains, porte ses fruits et Tanguy Cosyns est appelé par le coach national début 2013. Il est alors accompagné par d’autres jeunes comme Max Peeters, Nicolas Dumont ou encore Sidney Cabuy. Trois ans plus tard, il est le seul rescapé des nouveaux venus. Une place acquise à la sueur de son front, tant l’attaquant du Dar a dû travailler dur pour combler l’écart entre les équipes nationales jeunes et les Red Lions. « C’était vraiment très difficile au début. Pendant plusieurs mois après le stage de janvier, j’ai dû m’entraîner comme un Red Lions, sans être sûr de poursuivre l’aventure. J’ai énormément travaillé physiquement parce que j’arrivais dans un groupe qui sortait des Jeux de Londres et qui était encore physiquement à 90%, alors que moi, je n’étais peut-être qu’à 10%… », raconte le cadet des frères Cosyns.

Cosyns World League 2 Paris

Lors de la World League 3 à Paris, son premier tournoi avec les Red Lions

Un effort quotidien qui est heureusement récompensé lorsque Tanguy dispute son premier tournoi officiel avec les Red Lions en mai, lors de World League 3 à Paris. Certainement pas la compétition la plus prestigieuse mais une bonne occasion de faire ses premiers pas au niveau international et de préparer son retour dans son club de cœur, le Daring.
Séduit par le projet ambitieux des Molenbeekois et par l’idée de jouer pour la première fois de sa carrière avec son frère, Tanguy Cosyns revient à ses premiers amours, en leader, après quatre saisons en terre brabançonnes. «Ce que j’ai appris au Watducks m’a permis de m’affirmer comme un leader au Daring, qui m’a convaincu non seulement grâce au projet sportif, mais aussi humain. Je n’avais pas un rôle très important au Watducks et je me sentais prêt à relever un nouveau défi dans mon club», explique-t-il. «Au début, j’ai eu quelques mois difficiles mais, au final, je suis très content de mon choix.  J’ai énormément évolué humainement, et ça m’a permis d’également évoluer en équipe nationale en tant que personne». Cosyns EHLEt le moins que l’on puisse écrire, c’est que la mission est largement réussie. Depuis son retour sous les couleurs molenbeekoises, Coze a disputé les playoffs du championnat belge, terminé à la 4e place de l’EHL et s’est imposé comme un attaquant redoutable au sein des Red Lions.

Et si la saison qui vient de s’écouler n’a pas été fructueuse pour le Daring, le numéro 32 veut rapidement rebondir et cela commencera par des premiers Jeux Olympiques, cet été à Rio. « Je veux y participer et décrocher une médaille », clame-t-il.«Cela n’a pas été une bonne année avec le Daring mais il faut apprendre de ses échecs et nous repartirons de zéro. On sera de nouveau dans le top, c’est certain». Et on ne doute pas qu’il fera tout ce qu’il faut pour y arriver.

Cosyns champion juniors

Le dernier de titre de Tanguy Cosyns avec le Daring, en juniors, sous la direction de Gilles Vanderschelde, et avec sa petite soeur, Clara, dans les bras.

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Tanguy Cosyns et les Red Lions

Quand as-tu marqué ton premier but avec les Red Lions ?

C’était lors de ma première sélection, contre le Portugal. On avait gagné 19-0. Je pense même en avoir marqué deux. Je me souviens surtout que j’allais mettre mon premier goal, mais Tom (Boon Ndlr) a bloqué la balle sur la ligne et l’a poussée dedans. Mais l’échéance n’était retardée que de quelques minutes.

Quelle sensation ressent-on lorsqu’on porte pour la première fois le maillot de l’équipe nationale A. Du stress, de la fierté, un mélange des deux ?

Cela fait toujours chaud au cœur de représenter son pays. C’est un honneur, une chance. C’est réellement un sentiment de fierté qui vous envahit. Du stress ? Non je ne suis jamais vraiment stressé quand je joue. Je le suis beaucoup plus quand je regarde un match (rires).

Cosyns cdm angleterre

« Une grande joie puis comme l’impression que le ciel te tombe sur la tête »

Quel est ton plus beau souvenir avec les Red Lions ?

C’est à la fois le plus beau et le plus mauvais. C’était contre l’Angleterre en Coupe du Monde. J’inscris le 2-2 qui nous envoie en demi-finales. Huit minutes plus tard, ils font 3-2 et nous ne sommes pas en demis. Cela a été une grande joie puis l’impression que le ciel te tombe sur la tête.

Qui sont tes meilleurs amis en équipe nationale?

Je partage ma chambre avec Gauthier Boccard et je cotoie beaucoup Victor Wegnez, Dimitri Cuvelier etc. Je cite deux, trois personnes mais il y a une atmosphère qui est vraiment bonne depuis que Shane (McLeod Ndlr) est là. Il y a un climat amical et vraiment sain qui permet de s’épanouir.

Quels seront les éléments clés pour décrocher une médaille ?

Ce qui nous manque depuis toujours, c’est-à-dire être consistant pendant nos rencontres et avoir ce grain d’expérience en plus qui nous permettra de battre les grandes nations.

Quelles sont les forces et faiblesses de l’équipe selon toi?

Nous sommes toujours un peu sous-estimés parce que nous avons fait des résultats en dents de scie ces derniers temps. Notre faiblesse, c’est de ne pas être assez consistant. Mais grâce à Shane, je pense qu’on y arrivera à l’avenir et qu’on parviendra à atteindre les résultats attendus par l’équipe et le public.

Que veux-tu apporter à l’équipe à Rio?

J’aimerais apporter mon fighting-spirit. Je suis quelqu’un qui me bat quoiqu’il arrive, quel que soit le résultat. Mon brin d’insouciance peut parfois apporter des bonnes choses pendant les matchs.

Ce seront tes premiers Jeux Olympiques, comment vas-tu gérer cela ?

Je ne suis pas quelqu’un de vite impressionné, ni de stressé. J’ai joué beaucoup de matchs à enjeux dans ma carrière, des titres avec les U18, les U21, des finales en championnat, des gros matchs en EHL. C’est clair que les Jeux Olympiques sont un événement majeur.  Je suis impatient et  enthousiaste mais ça va me dévier de mon objectif.

 

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Bertrand Lodewyckx

 

 

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