L'analyse tactique de la finale olympique en cinq points

Un peu plus de dix jours après la finale olympique perdue par les Belges, Olivier Nonnon livre son analyse tactique du match qui a offert une médaille d’Or aux Argentins. Si tout n’a pas fonctionné comme prévu, il faut souligner l’intelligence du coach argentin, Carlos Retegui, qui avait très bien préparé sa rencontre.

  1. Le pc offensif  belge

Il ne faut pas être un spécialiste du hockey pour remarquer que c’est bien cette phase cruciale qui a fait défaut lors de la finale. Selon les statistiques d’Olivier Nonnon, coach du Racing en salle et ayant fait partie du staff outdoor, à partir des quarts, les Red Lions n’ont marqué qu’un seul pc sur dix tentatives.

La première constatation est que les Belges ont mis moins de joueurs autour du cercle lors de la finale. Alors qu’ils plaçaient huit pions dans les précédentes rencontres, ils ont décidé d’en faire reculer un. « La tactique fonctionnait bien, les Red Lions ont marqué plusieurs goals sur rebond de pc, parce que des joueurs gênaient les sorteurs notamment. Le staff avait peur des contres argentins et ont donc mis un défenseur supplémentaire derrière. Mais je ne comprends pas qu’ils n’aient pas changé d’avis dans les deux derniers quarts, lorsqu’ils étaient menés», regrette Olivier Nonnon, qui souligne également la bonne analyse  du pc belge des Leones.  « Ils avaient peur de Tom (Boon Ndlr). Ils sortaient à deux sur lui et seulement avec un sorteur sur les autres. Ils connaissent bien le sleep de Tanguy Cosyns, grâce à Brunet et Saladino, qui ont joué avec lui. Luypaert n’était pas en réussite depuis le début du tournoi et ils s’en méfiaient moins. Le problème est que Tom n’a pas reçu, à la mi-temps, l’information que deux sorteurs fonçaient vers lui et il a donc été chaque fois gêné… ».  Le coach bruxellois regrette également le manque de phases montrées pendant le tournoi. « Il faut toujours avoir deux ou trois variantes. C’est comme au basket. Lorsqu’on a plusieurs options comme un bon tireur à 3 points, le rebond est libre et cela offre plusieurs possibilités de marquer, sinon la défense bloque le rebond. Si on alterne sleeps directs et phases, les défenseurs ont plus de mal à sortir sur pc ».

  1. Le pc offensif argentin

En demi-finales et en finale, le pc argentin a quasiment été parfait. Alors qu’il avait seulement réalisé un 7/33 avant le match contre l’Allemagne, Gonzalo Peillat a réussi un 3/3 en demis et un 1/1 en finale. Le défenseur argentin a répondu présent au bon moment. C’est grâce à cela que les troupes de Retegui ont pu battre les Allemands selon Olivier Nonnon. « Je ne peux pas expliquer la réussite de Peillat mais j’ai toujours dit que pour battre l’Allemagne, il n’y a que sur pc qu’on peut les tuer. Cela les sort de leur zone de confort et Peillat a une réussite de près de 60% contre Jacobi, le gardien allemand. Je pense que l’Argentine était la seule équipe à pouvoir battre l’Allemagne de la sorte », souligne-t-il. Cependant, en analysant bien le sleep direct de Peillat, on peut remarquer qu’il envoie très souvent la balle côté stick du gardien. « J’ai l’impression qu’il ne sait pas tirer côté gant et il sleepe très souvent à moins de 70 cm de hauteur. Si on prépare bien cela, le gardien sait qu’il doit descendre son centre de gravité et a plus de chance de l’avoir ».

La phase du premier pc argentin est très intelligente et bien expliquée par le site AhockeyWorld (http://www.ahockeyworld.net/notice-set-play-penalty-corner-argentina/).  « La phase est brillante. Retegui a l’expérience du pc », commente Olivier Nonnon. « Il fallait partir avec l’idée que des pc rentreraient et se concentrer sur les tirs directs. Je serais monté à deux sorteurs sur Peillat. Il faut accepter de prendre un goal sur sleep direct mais alors bien plus oser ».

  1. Trop peu de prises de risque

Si les joueurs jouent d’une manière bien plus libérée que sous les ordres de Delmee, ils ont trop tourné autour des défenses adverses sans assez provoquer le contact avec l’adversaire selon le coach indoor des Rats. « Contre l’Inde, les Red Lions ont tourné autour de la défense mais ils n’osaient pas y aller. Dockier a débloqué le match quand il a foncé à travers trois joueurs pour marquer.  En finale, Boccard provoque aussi et traverse 3 joueurs pour la mettre au fond. Boon  trouve le dernier pc en allant seul vers le cercle ». Olivier Nonnon souligne tout de même les envies offensives de joueurs comme Boccard, Stockbroekx et Van Doren qui sont venus apporter le surnombre en suivant leur balle au milieu. Les défenseurs latéraux ont joué haut et ont pris beaucoup d’initiatives, alors que les clubs belges sont souvent frileux à ce niveau-là.

  1. Luypaert et Van Doren ont été muselés

Les deux défenseurs sont d’excellents distributeurs et ont trouvé de magnifiques ouvertures tout au long du tournoi. Mais les Argentins ont réussi à trouver la parade lors de la finale en empêchant Luypaert et Van Doren de prendre de l’espace pour lancer les offensives. « Lorsqu’on les attaque de face, cela amoindrit leur efficacité. Ils ont besoin d’un peu d’espace devant eux pour se lancer et trouver une longue passe. Si un joueur se poste en face d’eux,  cette zone n’est pas libre et les Argentins ont laissé les latéraux libres parce que Luypaert et Van Doren ont moins l’habitude de passer sur les côtés », confirme Olivier Nonnon.

  1. Un onze de base très solide

La dernière leçon que tire le Bruxellois est qu’on peut très bien jouer sans offrir le même temps de jeu à tout le monde. Lucas Masso et Ibarra ont très peu joué alors que Gilardi, par exemple, a dépassé les 35 ans et n’est quasiment pas sorti du match.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *