Felix, la force tranquille

flex portrait

1m91/ 84 kg

+240 sélections

Date de naissance 31.01.1990

1er match avec les Red Lions: 2006

Clubs : Dragons

 

 

Le milieu emblématique des Red Lions est peut-être bien l’un des athlètes les plus complets de l’équipe nationale belge. A l’aise en défense comme en milieu de terrain, capable de sleeper, il dégage une puissance naturelle, alliée à une souplesse et à une aisance impressionnante. Rien n’est dû au hasard, Felix Denayer est avant tout un passionné. Passionné de sports, qu’il a pratiqués pendant toute sa jeunesse, avide de nouvelles expériences et de nouvelles aventures. Si l’homme est ambitieux, c’est parce qu’il a le goût du challenge, qu’il prend un malin plaisir à défier en dehors comme sur le terrain. Indispensable pour rester près d’une décennie au plus haut niveau.

Issu d’une famille où le hockey n’est pas une tradition, Felix Denayer attrape pourtant rapidement le virus du stick, lorsqu’il monte pour la première fois sur le terrain de son club de cœur, le Dragons, accompagné des cousins de Thomas Briels. « Mon père a un petit peu joué et je pense que le frère de mon grand-père a joué en équipe nationale, mais c’est vrai que nous ne sommes pas une famille hockey », concède-t-il. « Avant mes premières compétitions au Dragons, il parait que je jouais déjà avec un balai dans le hall avec mon père », rigole celui qui ne quittera plus jamais son stick, ni son club. Et s’il passera une grande partie de sa jeunesse sur les terrains du club anversois, Flex n’a pas que le hockey en tête. En grand fan de sport, il essaie presque tout, jouant au tennis et au football, en passant par le handball, le basket et la planche à voile. Son corps, formé par toutes ces disciplines, en garde les traces aujourd’hui et aide encore le milieu de terrain international à faire parler au mieux sa puissance et son agilité physique. Même si le hockey n’est jamais loin. « Je faisais pas mal de street hockey à la mer avec mes amis et j’adorais aussi patiner. J’aurais bien aimé jouer au hockey sur glace, surtout que mes parents ont habité au Canada avant ma naissance et ils ont même hésité à revenir en Belgique. Dans une autre vie, j’aurais pu jouer en NHL (le championnat Nord-Américain de hockey sur glace Ndlr). Cela aurait un rêve».

Une longueur d’avance

Le destin en décide pourtant autrement et c’est sur le gazon synthétique que le jeune Félix grimpe les échelons de l’école de jeunes du Dragons. Dès son plus jeune âge, le futur Stick d’Or fait preuve de discipline dans tout ce qu’il fait. Une rigueur qui l’amènera très vite au plus haut niveau, jouant presque systématiquement dans la catégorie d’âge supérieure. « Les cousins de Thomas Briels m’ont rappelé il y a quelque semaines que quand nous étions jeunes, nous revenions tous ensemble pour le goûter. Et alors que les autres couraient dans le jardin pour aller jouer, je sortais mon cartable pour faire mes devoirs avant d’aller m’amuser » sourit Flex.

dragons thiery

Le Dragons et Felix Denayer, une histoire d’amour

Seul de sa génération à avoir atteint l’équipe première du Dragons, Felix Denayer côtoie déjà les stars du hockey belge et celles en devenir lors de ses saisons en jeunes.  Coaché par les Mick Beunen, Xavier Reckinger ou encore Jérôme Dekeyser et aux côtés notamment de Briels et Thys en Juniors, il ne parvient pourtant pas à remporter le moindre titre avant d’intégrer l’équipe première. L’école de jeunes de club anversois n’était pas ce qu’elle est maintenant et jouer les playoffs était presque synonyme d’exploit. Une difficulté supplémentaire qui aura forgé le caractère du futur Red Lion. « A certains moments je jouais en juniors, alors que j’avais trois ans de moins que les autres joueurs. Je suis chaque fois parvenu à bien m’intégrer et c’est devenu une habitude. Thierry Stumpe me dit aussi souvent que c’est une bonne chose de ne pas avoir joué dans les meilleures équipes puisque je devais trouver des solutions par moi-même pour tirer mon équipe vers le haut ». Des responsabilités précoces qui tapent dans l’œil des sélectionneurs des équipes nationales juniors.

Des U16 aux U21, Felix Denayer  remporte une médaille de bronze et une d’argent au niveau européen et se classe à la 2e position d’une mini Coupe du Monde à Monchengladbach avec les U21, dont il est le capitaine à seulement 17 ans. A partir de ce moment-là, tout s’accélère. Adam Commens, le coach des Red Lions l’appelle en sélection pour participer à l’Euro de Manchester en 2007. Mais avec deux tournois internationaux dans les jambes, avec les U18 et les U21, il préfère décliner l’invitation. Un pari risqué qui lui aura pourtant fait le plus grand bien.

A peine majeur et déjà aux Jeux Olympiques

Après une saison seulement avec l’équipe première du Dragons et âgé de 17 ans, la graine de star du club anversois préfère donc préserver son corps plutôt que de participer à l’Euro à Manchester avec les A. Six mois plus tard, Adam

JO 2008

Aux JO de Pékin, aux côtés de Max Luycx, de huit ans son aîné.

Commens lui fait à nouveau confiance et l’invite à participer à un stage de préparation en Espagne. Il ne sera pas
déçu. « Sincèrement, je ne m’attendais pas à avoir ce niveau-là. Nous avons fait des tests physiques et j’ai terminé premier du 1500m et j’étais également dans les meilleurs d’un test de sprints répétés ! », se souvient-il.  Quelques mois plus tard, il part pour Pékin avec les Red Lions, son diplôme de secondaire tout juste en poche. « Les mois avant les JO, je ne savais plus du tout aller aux cours et ils ont tout de même accepté de me diplômer. J’avais déjà montré auparavant de quoi j’étais capable et ils ont bien compris la situation », explique celui qui deviendra rapidement l’une des références du hockey belge, que ce soit avec l’équipe nationale ou avec son club, le Dragons.

 

Si la condition physique du meneur de jeu international est l’une de ses principales forces, c’est surtout son allonge qui impressionne le plus. Toujours porté vers l’avant, on a souvent le sentiment que sa balle est trop loin de lui. Mais il arrive pourtant à toujours la contrôler avec une sérénité déconcertante. Une qualité naturelle qu’il a dû tout de même longtemps exercer selon lui. « Je trouve que je n’ai pas toujours bien employé 17095_1600190566931703_4246982487737152709_nmon physique. Je l’utilisais souvent pour bien me placer mais j’ai travaillé pour avoir plus d’impact grâce à ma physionomie et ma puissance balle au stick. Je suis maintenant capable de jouer tant en passes rapides qu’en actions individuelles. Les adversaires ne savent alors pas comment défendre sur moi ».
Les coaches du Dragons ne s’en plaindront certainement pas. La plaque tournante des champions en titre a grandement participé aux quatre trophées de Champion de Belgique et aux trois médailles en EHL du matricule anversois, auquel il restera fidèle pour les quatre prochaines saisons.

Une vie à cent à l’heure

Et dire qu’il y a trois ans, il était à deux doigts de quitter son club de toujours pour rejoindre les Hollandais d’Oranje Zwart. Mais l’enfant du pays savait ce qu’il devait à ceux qui l’ont amené au plus haut niveau et a finalement décidé de rester dans sa seconde famille. « J’ai vraiment hésité à partir. J’étais allé là-bas deux, trois fois et je m’y sentais bien. Il y avait encore une grosse différence de niveau à l’époque et il y avait les meilleurs milieux du monde à OZ. J’aurais beaucoup appris à leur côtés », confie-t-il. « J’ai pesé le pour et le contre et je suis resté. L’idée d’aller vivre à Eindhoven ne me tentait pas trop, surtout que je n’avais pas terminé mon bachelor, il y avait aussi ma copine, le Dragons venait de sortir d’une année difficile et je ne voulais pas partir comme cela. Au final, je ne regrette rien». Pas de regrets non plus de ne pas avoir eu la même vie que la plupart des jeunes de son âge.

examens

« Ready for the last exams »

Pendant huit ans, Felix Denayer a dû jongler entre sport de haut niveau et études en Sciences Economiques, dans une université loin d’être flexible. Quand ses amis faisaient la fête ou partaient en Erasmus, l’international belge révisait ses cours, entre deux séances d’entrainement. « Quand j’y repense, ça n’a vraiment pas été facile. Il faut quand même avoir du caractère pour le faire. Mais quand il y a de l’envie, la discipline vient avec ». Surtout que le plaisir de jouer reste intact et l’accompagne à chaque entrainement, chaque match. Un bonheur contagieux que se voit sur en dehors et sur le terrain. « J’aime bien m’entendre avec tout le monde, c’est ça que j’adore au hockey. Quand je joue avec Florent (Van Aubel Ndrl) et Arthur (Van Doren Ndlr), on se comprend tellement bien. Je les rends meilleurs et ils me rendent meilleurs. C’est quelque chose qui ne s’apprend pas, il faut beaucoup beaucoup travailler, mais c’est tellement agréable une fois sur le terrain ».

 

Golf

« Je joue régulièrement au golf. C’est très relaxant! »

Pourtant, Flex aspire à des nouvelles expériences après les Jeux de Rio. Une nouvelle aventure, professionnelle cette fois-ci, pour le jeune homme de vingt-six ans, qui voyage déjà depuis près de dix ans avec les Red Lions. Fraîchement diplômé en Sciences Economiques, il prendra en effet une pause avec l’équipe nationale pour travailler à plein temps. Avant de revenir, en principe, pour la Coupe du Monde en 2018. « C’est le bon moment pour moi de découvrir autre chose. Je pense que je peux également m’épanouir au travail, me fixer des objectifs et de bosser dur pour y arriver. A 26 ans, on ne fait pas les mêmes choix qu’à l’âge que j’aurai après les Jeux de Tokyo », explique le médian. « Je ne sais pas encore ce que je veux faire après ma carrière de hockey et c’est pour cela que je veux avoir une première expérience professionnelle. Pour l’instant, je pense faire une pause de deux ans, mais on verra bien comment cela se passe». L’occasion aussi pour Felix Denayer de s’adonner à ses nombreux hobbys.
« Ma copine est une grande passion (rires) et je vais passer plus de temps avec ma famille. J’ai aussi envie de continuer  le golf. Je viens d’ailleurs de m’acheter des nouveaux clubs. J’aimerais également apprendre le kite-surf. J’ai passé beaucoup de temps dans le nord de la France quand j’étais petit et c’est une sensation incroyable de partir en mer et de sentir qu’on commence à prendre le vent. J’adore tous les sports en fait, j’en regarde tout le temps».

Un vrai passionné qui s’applique minutieusement à exceller dans tout ce qu’il entreprend, à commencer par les Jeux Olympiques cet été.

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Felix Denayer et les Red Lions

Quand as-tu disputé ton premier match avec l’équipe nationale?

C’était contre la Chine en 2006. Ils faisaient une tournée en Europe, et j’ai été invité avec une sélection élargie. Je ne m’étais jamais entrainé avec eux avant, mais c’était juste un match test. Mon premier vrai tournoi a eu lieu en 2008 en Malaisie lors de la Sultan Azlan Shah Cup.

Que ressent-on lorsqu’on intègre les Red Lions?

En Chine, je sentais que c’était juste pour me tester. Mais à partir du stage en décembre en 2007 en Espagne,  j’ai assez rapidement pu faire le pas vers l’avant. J’ai eu la chance que les joueurs plus âgés comme Max Luycx ou les frères Vandeweghe m’aient directement soutenu. La première fois que je suis arrivé, je ne connaissais même pas tous les joueurs (rires).

Quel est ton plus beau souvenir avec les Red Lions ?

Les Jeux de Pékin, c’était vraiment le début Medaille euro flode ma carrière. Lors de la cérémonie d’ouverture, j’ai été en gros plan sur l’écran géant. C’était un moment assez absurde. Il y a également l’Euro à Boom que je n’oublierai pas. Tu as la chair de poule quand tu montes sur le terrain et que tout le monde crie dans les tribunes.
On a déjà eu pleins de beaux moments mais il nous manque toujours une médaille dans une compétition internationale hors Euro.

Et le pire?

La Coupe du monde en 2014. Nous étions partis en décembre en Inde puis en Afrique

coupe du monde à terre

Un genou à terre à la Coupe du Monde

du Sud. J’ai dû beaucoup beaucoup étudier, il y a eu l’EHL et playoffs  avec le Dragons, j’ai déménagé, donc je n’ai quasiment pas eu de repos. Je suis arrivé cuit à la Coupe du Monde, j’ai subi des problèmes d’équilibre, mon corps était tout à fait épuisé, et je ne pouvais pas donner le meilleur de moi-même. C’était très frustrant. C’est une de mes plus grosses déceptions.

 

 

Avec qui te sens-tu le plus proche en équipe nationale?

Thomas Briels, c’est mon roomie depuis 2007, et un de mes meilleurs amis en dehors du terrain. Florent et Arthur également. On s’entend bien en club, on joue au golf ensemble , on  a la même mentalité. Mais je suis proche de tout le monde, avec Simon et Tom aussi parce qu’on joue en nationales ensemble depuis les U16.

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Quels seront les éléments clés pour faire le meilleur résultat possible ?

Notre potentiel et notre préparation sont nos forces. Il va falloir gérer les moments clés. Si on prend des cartes au mauvais moment, que notre pc ne fonctionne pas quand il le faut, cela n’ira pas. Mais je suis assez confiant tout de même.  Je pense que l’Allemagne, l’Australie, les Pays-Bas ont t aussi perdu, perdu, perdu avant d’y arriver et je me demande quand ce processus sera terminé pour nous, parce qu’on a eu beaucoup de déceptions.

Je pense que aussi que les arbitres nous donneront plus facilement une carte qu’à l’Allemagne par exemple. Tant que tu as pas gagné quelque chose de grand, c’est comme cela et on doit l’accepter sans se frustrer.

Que veux-tu apporter à l’équipe maintenant ?

Je veux avoir un impact individuel et jouer du mieux que je peux. Si j’y arrive, les autres y arriveront aussi. La confiance est contagieuse, tout comme le stress.

Sinon, en tant que vice-capitaine, je dois être présent dans les bons moments pour aider l’équipe à les gérer au mieux.

Un petit pronostic pour les JO ?

Australie, Belgique, Allemagne, mais je ne sais pas dans quel ordre.

 

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Bertrand Lodewyckx

 

 

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