Rio, la consécration d'un long travail pour Elliot Van Strydonck (2/16)

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Elliot Van Strydonck

1m84

75kg

158 caps

21.07.1988 (27 ans)

A 27 ans, Elliot Van Strydonck s’est déjà forgé l’un des plus beaux palmarès des Red Lions, en compagnie de Vincent Vanasch et de Thomas Briels. En deux saisons à Oranje Zwart, le défenseur a remporté deux titres de champion des Pays-Bas et une Coupe d’Europe. Peu de joueurs peuvent se vanter d’avoir accroché de tels trophées. La récompense de longues années de travail sur lui-même pour le Léoman, qui a conquis sa place de titulaire chez les Red Lions depuis quelques années.

Ecrire qu’Elliot Van Strydonck a connu un parcours sans embûches au sein de l’équipe nationale relèverait de la malhonnêteté. Oui, Elliot Van Strydonck n’a pas toujours convaincu dans la défense belge. Il est vrai qu’il a mis du temps pour trouver sa place dans le groupe des Red Lions, lui qui ne compte (que) 158 sélections en équipe nationale. D’autres pourraient critiquer son jeu peut-être un peu trop défensif. Mais depuis son départ aux Pays-Bas, l’homme a changé, progressé et est maintenant l’un des piliers de la défense belge. Partir à Oranje Zwart a certainement été le meilleur choix de sa carrière. Il est revenu de là-bas plus fort, mentalement et dans son jeu. «J’avais toujours joué au Léo. C’était en quelque sorte mon deuxième jardin et je restais dans une certaine zone de confort », explique Zizou.

Van Strydonck EHL OZ

Elliot Van Strydonck remporte l’EHL avec Vincent Vanasch et Thomas Briels

« Je voulais passer un cap et jouer dans le meilleur championnat du monde. Je suis assez compétiteur et je voulais donc jouer des titres avec une équipe du top.  J’avais le choix entre Bloemendaal et Oranje Zwart. Michel Van den Heuvel m’a convaincu d’opter pour OZ. J’y ai retrouvé la structure familiale du Léopold».

Deux ans plus tard, il revient dans son club de cœur avec deux titres de champion des Pays-Bas et une coupe d’Europe en poche. Il aurait même pu réaliser un parcours parfait s’il avait remporté la finale de l’EHL lors de sa première saison. Mais Harvestehuder en a décidé autrement. On lui pardonnera. Avec quatre finales sur quatre possibles et un bilan de trois victoires sur quatre, ces deux saisons à Eindhoven auront été une réussite totale pour l’aîné d’une famille des passionnés de hockey.

Une génération 88 en or

« On a toujours joué au hockey chez les Van Strydonck. Je n’avais pas trop le choix en fait, même si au final, c’est moi qui ai décidé de continuer », confirme Elliot, qui a commencé à jouer à l’âge de quatre ans. Et si le hockey occupe la plupart de ses activités sportives, le jeune ucclois s’adonne également au tennis. C’est pourtant bien son stick à la main qu’il remporte ses premiers titres à partir des cadets, pour ensuite presque tout gagner jusqu’en juniors.

Timothy Muschs Et soeur Sidne

Le jeune joueur du Léo en compagnie de sa soeur Sidney et de Timothy Muschs.

Un âge doré comme le Léo en a beaucoup connu et qui a vu évoluer des joueurs de la trempe de John-John Dohmen, John Verdussen ou encore Jonathan Beckers. Bien que leurs destins se soient un peu éloignés en club, à l’exception d’Elliot et de John Verdussen, cette génération 88 du club ucclois aura vécu une belle aventure dans les catégories jeunes, mais aussi sur la scène européenne avec les équipes nationales. « Avec le Léo, j’ai remporté au moins un titre par catégorie, de cadets à juniors, que ce soit à l’extérieur ou en salle.  En équipe nationale, j’ai commencé avec Chris Vercammen dans une sorte d’équipe U14 puis j’ai tout fait des moins de 16 à moins de 21. Nous avons été la première équipe championne d’Europe en U16 puis nous nous sommes souvent classés dans le Top3 », souligne Elliot Van Strydonck.

Elliot Jeune Vercammen

Une génération dorée sous les ordres de Chris Vercammen. (Elliot Van Strydonck, sur la droite de l’image)

Un parcours au plus haut niveau qui l’amène rapidement en équipe première, à l’âge de seize ans. Une première année en équipe fanion déjà récompensée par un titre, même si le Red Lion considère qu’il n’a pas réellement participé à la conquête du trophée. « J’étais à moitié dans l’équipe et souvent sur le banc. Même si nous l’avons emporté contre Louvain en finale, je ne peux pas vraiment  dire que j’ai eu ce titre ».

Ce n’est qu’une bonne saison plus tard qu’il gagne ses galons de titulaire dans la défense uccloise.  Et alors qu’il s’affirme comme une valeur sûre de la division d’honneur et des U21 nationaux, Zizou est appelé par Gilles Bonnet pour disputer son premier match avec les A, contre l’Inde, à même pas vingt-et-un ans. Le début d’un parcours difficile, parsemé de grandes joies mais aussi d’énormes déceptions.

Un long travail sur soi-même

«Juste avant le premier match, tu es vraiment stressé. Quand j’y pense,  j’aurais bien voulu jouer plus tôt avec les Red Lions, comme John-John Dohmen par exemple. Mais c’est certain que c’était un grand sentiment de fierté, c’est une certaine consécration » confie-t-il. « On se rend également vite compte qu’on est encore loin du compte parce qu’il y a une très grosse différence entre les U21 et les A ». Si sa première sélection date d’avant les Jeux Olympiques de Pékin, Elliot Van Strydonck ne fait pas partie de l’aventure chinoise et n’intègre réellement le groupe qu’après la compétition. Pendant deux ans, le jeune Bruxellois porte fièrement les couleurs de la Belgique, jusqu’en 2011, peut-être sa saison la plus difficile au niveau international. Le Léoman n’est pas sélectionné pour l’Euro à Monchengladbach, où les Red Lions se qualifient pour les JO de Londres, avant de ne pas non plus être retenu pour le Champion’s Challenge en Afrique du Sud. Deux énormes déceptions, mais qui l’ont rendu plus fort. « Ces non-sélections  m’ont permis de progresser. Ne pas aller à l’Euro en 2011 alors que j’étais bien dans le groupe a été très difficile. Mais c’est vrai qu’au final, je n’étais pas assez bon » avoue Elliot. « Je n’arrivais pas à assez développer mon jeu en équipe nationale et je me suis remis en question, j’ai changé certaines choses pour assurer ma place pour les Jeux Olympiques de Londres ». La suite, vous la connaissez, Elliot Van Strydonck part à Londres en tant que 17e joueur et connait ses premiers JO, qui viennent récompenser le travail accompli.

Depuis cette compétition, le joueur n’a presque plus quitté les Red Lions et est devenu un joueur central de l’effectif. Un changement qui est loin d’être le fruit du hasard ou de la chance. «  Je devais jouer plus libéré, plus oser et ne pas juste faire la passe à gauche ou à droite. Plus lâcher prise en quelque sorte. L’année avant les Jeux, j’ai travaillé avec un coach mental qui m’a beaucoup aidé. Jouer aux Pays-Bas m’a aussi permis d’avoir plus confiance en moi, en mon jeu et je suis enfin arrivé à jouer avec les Red Lions comme je joue en club », confie-t-il.

Trouver son équilibre

Alors qu’il se contentait souvent de bien défendre, l’ex joueur d’Oranje Zwart a progressé dans le jeu et n’hésite pas à relancer de sa ligne arrière. Un changement opéré lors ces deux années aux Pays-Bas. Tout bénéfice pour le Léopold, qui était ravi d’enregistrer son retour cette saison.  Un retour aux sources pour l’Ucclois, qui y a retrouvé sa bande de copains, même si son come-back ne s’est pas fait dans les meilleures conditions. « L’été a été compliqué avec les Red Lions. Mon enfant est né pendant la World League au Dragons, cela a été difficile de gérer tout ça, puis en Coupe d’Europe à Londres nous n’avons pas non plus fait un bon résultat. Je suis arrivé au Léopold sans avoir eu de période de repos », souligne Elliot Van Strydonck. « Je perdais un peu l’envie de jouer et cela se voyait dans mon hockey. Cela n’a pas été facile de fin août à fin novembre. J’en ai parlé à Shane (McLeod Ndlr), et nous avons pris la décision que je n’aille pas en Inde pour me reposer ».

Van Strydonck capitaine

Après un été difficile, Elliot Van Strydonck est redevenu le capitaine exemplaire du Léopold.

Depuis, celui qui ne se consacre qu’au hockey depuis la fin de ces études de marketing il y a cinq ans, est pleinement épanoui, sur et en dehors des terrains. La naissance de son enfant en juillet n’y est certainement pas étrangère. « Rien’ a vraiment changé dans mon approche du hockey mais c’est sûr que cela a eu un énorme impact dans ma vie. J’ai trouvé mon équilibre entre vie privée et hockey. Je vais beaucoup mieux et cela se ressent dans mon jeu ».

De là à  un peu plus relativiser l’importance du hockey dans sa vie ? « Ce sport a une importance énorme dans ma vie. C’est vrai que je relativise plus rapidement, mais je déteste toujours autant perdre. Peut-être un peu moins qu’avant », sourit-t-il.

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Elliot Van Strydonck et les Red Lions

D’où vient ton surnom Zizou ? On t’appelle comme cela également en équipe nationale ?

Oui presque tout le monde me surnomme Zizou. J’ai  toujours été fan de lui.  Anthony Delhauteur m’a appelé comme ça un jour et c’est resté depuis. Mais cela n’a rien à voir avec une quelconque ressemblance physique ou dans mon jeu.

Quels sont tes plus beaux et tes plus mauvais souvenirs avec les Red Lions ?

Mon plus beau souvenir est le jour où nous nous sommes qualifiés pour Rio à la World League au Dragons. Mon fils est né ce jour-là. C’était une journée spéciale pour moi, même si je n’avais pas très bien joué. Et le pire a eu lieu lors du même été. Notre Euro à Londres ne s’est vraiment bien passé.  La World League 3 au Dragons était un peu l’arbre qui cachait la forêt et puis à Londres tout le monde a remarqué qu’il y avait des choses qui ne tournaient pas.

Le fait de disputer tes deuxièmes Jeux Olympiques sera un avantage selon toi ?

Oui clairement. J’en discutais avec d’autres joueurs il n’y a pas longtemps. Lors des premiers Jeux, tu es déjà content d’être juste sur place, de vivre l’évènement. Cette fois-ci, j’irai là pour décrocher une médaille.

Quel est la personne avec qui tu t’entends le mieux dans l’équipe ?

Dimitri Cuvelier, qui est mon coéquipier au Léo, Vincent Vanasch et aussi Sébastien Dockier, avec qui je partage ma chambre en tournoi et en stage.

Que peux-tu apporter à l’équipe dans les mois à venir et à Rio ?

Ma qualité, c’est de défendre et de nettoyer tout ce qui passe devant moi. Je peux surtout apporter défensivement.  Notre équipe est assez complète et on s’est bien développés défensivement. Je crois que notre plus gros ennemi, c’est nous-même. On ne concrétise pas assez dans les gros matchs. Mais nous avons mûri et si nous arrivons à pleinement jouer notre jeu, nous pouvons aller très loin je pense.

Qui sera sur le podium à Rio selon toi ?

Pays-Bas, Australie et Belgique, mais je ne sais pas dans quel ordre.

Bertrand Lodewyckx

 

 

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